Publié par Olivier Darras

Nous parlions récemment de Facebook en indiquant que les réseaux sociaux font encore peur en 2011.
Pour certaines personnes, Facebook est un outil de communication pour exprimer leurs émotions.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que les écrits restent sur internet. Il est donc important de surveiller votre réputation en ligne. Nous en parlions dans l’article Recruteurs où en êtes-vous avec votre e-réputation d’Olivier Darras.

Le constat

Peut-on tout dire, tout écrire sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Facebook ? La réponse est non !

A ce titre, 3 salariés d’Alten viennent d’en faire les frais.

Les salariés d’Alten auraient tenu une conversation privée sur Facebook, avec des propos jugés désobligeants à l’égard de la direction de l’entreprise.
Le conseil des Prud’hommes de Boulogne-Billancourt se réunissait jeudi 20 mai 2010 afin de confirmer les licenciements des 3 salariés de l’entreprise Alten. Apparemment les jeunes salariés discutaient depuis leur domicile en se connectant tous les trois un samedi soir sur Facebook. Au fil de la discussion, ils auraient fait plusieurs critiques à l’égard de leur responsable des ressources humaines.
Et ce n’est pas fini, puisqu’un tiers des employés, amis sur Facebook auraient lu ces critiques et y compris plusieurs salariés faisant partie de la direction des ressources humaines. On imagine donc que certains salariés de la DRH auraient transmis une copie à la direction d’Alten.

Quelques semaines plus tard, l’entreprise licencie ses trois salariés rebelles pour « incitation à la rébellion » et « dénigrement de l’entreprise ». l’affaire n’a pu être tranchée par le conseil des Prud’hommes de Boulogne-Billancourt, les conseillers étant partagés, une prochaine audience se déroulera à une date non déterminée.

L’avis de la spécialiste

Pour mieux comprendre les limites nous vous invitons à lire l’interview réalisée par Céline SERRAT.
« Les contentieux entre salariés et employeurs, liés à des écrits postés sur internet via les réseaux sociaux vont se multiplier, estime l’avocat spécialisé en droit du travail Me Christophe Noël, mais pour qu’une sanction soit valable, il doit y avoir atteinte aux intérêts légitimes de l’entreprise. » (Lire la suite de l’article)

Le jugement

Les 3 salariés d’Alten concernés par cette affaire avaient contesté leur licenciement en saisissant le conseil des prud’hommes en mai 2010.

Celui-ci avait tout d’abord reporté sa réponse avant de donner le jugement définitif.
Le licenciement a été jugé fondé compte tenu du fait que les propos tenus sur leur hiérarchie l’ont été sur un site social ouvert.

Comme nous l’avons rappelé à de nombreuses reprises, Internet ainsi que les réseaux sociaux constituent un espace public, les 3 salariés d’Alten viennent d’en obtenir la douloureuse confirmation.

Trouvez-vous la sanction trop sévère?

Quel est votre point de vue sur les conséquences de ces messages?

Olivier Darras

Olivier Darras travaille pour la société Db-développement. La société a été créée en 2006. Elle a acquis un savoir-faire dans le recrutement de commerciaux intervenant en cycle court (one shot) ainsi que dans l'approche directe de cadres dirigeants, tout particulièrement dans les NTIC (télécoms, monétiques, sécurité informatique, biométrie, vidéo surveillance, internet), les énergies renouvelables ou le service aux entreprises. Elle propose l'offre de services CVPlus qui permet de recruter rapidement et à moindre couts.

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Réactions

2 réponses pour “Un salarié peut-il tout écrire sur Facebook?”

Commentaires

  • Habituellement, la jurisprudence exclu un licenciement pour faute grave, un autre licenciement ou même toute sanction disciplinaire, lorsque la cause en serait un élément tiré de la vie privé. Cependant la jurisprudence admet des exceptions à ce principe lorsque les faits sont constitutifs d’un trouble caractérisé au sein de l’entreprise. En outre, en l’espèce, le Conseil de prud’hommes a sans doute considéré que les « propos » tenus sur Facebook n’étaient pas privé puisque de très nombreux salariés y avaient accès.
    Par ailleurs, il y avait manifestement un manquement à l’obligation de réserve que tout salarié doit respecter.
    En terme d’opportunité, je pense qu’il n’est pas possible de laisser des salariés critiquer leur entreprise de manière excessive sur la place publique, ce qu’est devenu internet.

  • Maintenant on le sait, si on dépasse des limites acceptables dans la critique et qu’en plus on est pas très regardant dans la gestion de la confidentialité sur Facebook, on peut subir un licenciement.

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